Mise en chantier aux Chantiers Augustin Normand, au havre, en janvier 1932, La JUNON fut lanceé le 15 septembre 1935 et admise au service actif en septembre 1937.

A l'ouverture des hostilités, en 1939, elle était basée à Casablanca, d'où elle effectua jusqu'au début février 1940 trois missions de surveillance aux Canaries. Le 29 mars 1940, elle entrepris à Cherbourg un grand carénage qui devait se prolonger jusqu'à la fin juillet. Hors d'état d'appareiller par ses propres moyens au moment de l'attaque allemande, elle quitta Cherbourg pour Brest à la remorque de la MINERVE, mais au large de Ouessant, sur l'avis donné par un destroyer anglais que les allemands arrivaient à Brest, le groupe fit route sur Plymouth. C'est là que, le 3 juillet, la JUNON fur saisie par la " Royal navy ". Transférée le 27 juillet aux Forces Navales Françaises Libres, la JUNON connut un réarmement difficile, des pièces de moteur étant restées à l'arsenal de Cherbourg. Officiellement réarmée le 15 aout 1940, elle ne put commencer son entraînement que le 6 octobre 1941. D'abord envoyée en barrage dans le Golfe de Gasgogne contre les navires de surface allemands basés à Brest en décembre 1941, elle effectua en mars 1942 une longue patrouille sur les côtes de Norvège où elle fut sérieusement grenadée le 13 mars. Après un grand carénage, elle fut de nouveau envoyée, fin août 1942 en patrouille aux abords de Sognefjord, puis, entre le 11 et le 19 septembre, exécuta, dans des conditions difficiles, le débarquement d'un commando britannique chargé de détruire une usine à proximité du Glomfjord. Du 11 au 24 octobre, la JUNON effectua sur la côte du Westfjord une mission au cours de laquelle elle fit trois attaques dont l'une au moins fut couronnée de succès. Entre le 13 novembre et le 3 décembre, elle alla déposer dans le Melfjord (lattitude 69°30N) des agens et du matériel radio, mais elle dut y laisser deux de ses marins qu'elle reviendra chercher plus tard.

Après un long carénage, la JUNON fut de nouveau disponible en février 1944. Une dernière patrouille à partir de sa base britannique, et elle gagna la Méditerranée. Mais des ennuis de matériel l'empêchèrent de reprendre son activité. Le 11 aout 1944, elle fu placée en réserve à Oran et son équipage arma le MORSE, ex VORTEX anglais transféré le 15 décembre 1944 à la marine française. En aout 1945, son réarmement était décidé et elle arriva à Brest pour subir une longue refonte. Ce n'est qu'au début 1947, qu'elle reprit son activité, mais de nouveaux incidents de matériel l'immobilisèrent pendant presque toute l'année. Afféctée à l'école d'écoute à Toulon, elle y arriva en 1948. Jusqu'en mai 1951, elle poursuivi ensuite son activité dans le cadre du GASM (groupe d'action anti sous-marine). Après un grand carénage, elle revint au GASM le 25 mai 1952. Sa carrière prit définitivement fin en 1953, et elle fut condamnée le 6 décembre 1954. La JUNON était titulaire de deux citations à l'ordre de l'armée et d'une à l'ordre du Corps d'Armée ainsi que d'une fourragère aux couleurs de la Croix de Guerre 1939-1945.

Extraits de l'ouvrage " des noms sur la mer " ACORAM

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